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Rencont’roms nous, c’est reparti en 2015 !

Et on commence l’année par un ciné-débat au cinéma ABC, avec la projection en avant-première du documentaire Spartacus et Cassandra, réalisé par Ioanis Nuguet. Cette soirée aura lieu mercredi 28 janvier, à 20h30.

Comme tous les mercredis à l’ABC, l’entrée est de 4€ pour tout le monde.

Programmé à l’ACID à Cannes en 2014 (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), Spartacus et Cassandra ne sort que le 11 février 2015 en France.

Le documentaire. Deux enfants Roms sont accueillis par une jeune trapéziste dans un cirque à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa sœur de 13 et 11 ans. Déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux et leurs parents vivant dans la rue, Spartacus et Cassandra vont devoir choisir.

Le réalisateur. Né en 1983, Ioanis Nuguet part étudier la danse et le théâtre balinais en Indonésie de 2000 à 2002. À son retour en France, il crée plusieurs spectacles à partir de cette expérience. En 2010, il réalise le court-métrage Exposés à disparaître. En 2011, après trois ans passés sur des terrains roms en Seine-Saint-Denis, il commence le tournage de Spartacus & Cassandra qui est son premier film.

Parole de cinéaste. « Ça commence avec leurs voix, leur journal-poème de la vie d’avant. Musiques, photos, animations, Super 8. On est dans un cirque. Spartacus et Cassandra rigolent, jouent au ballon, chantent, marchent sur un fil. Cinéma direct, plan séquence. On est dans un campement rom. Les enfants ne veulent pas être placés dans une famille d’accueil, aller à l’école, quitter la rue. « Vous restez avec moi » dit le père, « jusqu’à présent je vous ai fait grandir. »

« Qu’est ce qui est meilleur pour Spartacus et Cassandra ? » La question du film est posée, déchirante ainsi que son style, réaliste et poétique, libre comme un flow de rap. Nous sommes avec les enfants. Nous partagerons la détresse d’être enlevés aux siens « pour son bien », mais aussi le tremblement devant la douceur d’une vie nouvelle. « Je ne sais pas si j’ai le droit » dit Spartacus. Savons-nous ce qu’il en coûte de devenir les parents de ses parents ? Est-il indispensable de perdre pour grandir ? Le cinéaste compose avec empathie un film tendre et rude.

Sa présence entière, l’ampleur de sa vision, sa musicalité et sa grâce offrent comme une réparation au chagrin de vivre dans un monde terrible. « Je vois mes parents toujours dans la merde » dit Spartacus, « parfois le paradis me dégoûte ». On en sort le cœur serré et pourtant joyeux. Comme une voix aimée dans la nuit, le malheur s’éloigne, il ne disparaît pas, à force de l’affronter le temps passe et nous transforme. 

Pour Spartacus et Cassandra, c’est déjà demain. »

Dominique Cabrera, Cinéaste

Rendez-vous mercredi 28 janvier à 20h30 à l’ABC
13, rue Saint Bernard | Métro Jeanne d’Arc (Ligne B)

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