« Je m’appelle Andrei, j’ai 16 ans et je viens de Roumanie. Je suis en France depuis 2010. J’ai habité sur le terrain de la Flambère à Toulouse pendant cinq ans, dans des conditions de vies très difficiles. La vie était dure, avec peu d’hygiène sur le camp, pas d’argent, etc. En 2015, ma mère a trouvé du travail, ce qui nous a permis de trouver un appartement et de vivre mieux. Sur le camp, je me suis vite inscrit à l’école, mais je n’y allais pas tous les jours, à cause de l’hygiène, des microbes, des difficultés à dormir. Je faisais aussi la manche car ma famille n’avait pas les moyens. Aussi, il y avait beaucoup de racisme de la part des autres élèves. Même en appartement, les autres élèves continuaient de se moquer de moi. Mais je me suis accroché et suis resté à l’école. Aujourd’hui, je suis toujours au collège Clémence Isaure, en SEGPA. Je suis resté à l’école, car je veux réussir dans ma vie.

Je suis également membre de l’association Rencont’roms nous, car elle aide les habitants du terrain à s’en sortir et fait des projets pour qu’on apprenne à mieux se connaître. Cela me plait beaucoup, je souhaite continue avec eux après mon collège. Je veux surtout aider les enfants pour qu’ils aillent à l’école et qu’ils ne connaissent pas les difficultés que j’ai connues. C’est aussi pour cela que je fais partie du collectif #EcolePourTous, qui fait campagne nationale pour défendre le droit à l’éducation. Ce sont nous, les premiers concernés, qui faisons cette campagne, qui choisissons ce que nous allons dire, ce que nous allons. En poursuivant dans l’association, je continuerai de mener cette campagne à Toulouse et dans la région. Je veux que tous les enfants aillent à l’école, pour réussir. Ça reste encore difficile.Il y a un an, je ne savais pas ce que je voulais faire. Aujourd’hui, je le sais : aider les autres qui sont dans le besoin. Avec Rencont’roms nous, c’est possible. »

Andrei Nicolae

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« L’année dernière, j’ai demandé à l’association de faire un stage avec eux car j’aimais ce que faisait l’association, les activités avec les enfants. Je voulais en apprendre plus sur ce métier.Pendant le premier stage, c’était une découverte, j’apprenais tout, à comment faire un projet, à savoir quoi, qui, quand, comment, où, avec qui, etc.  Je n’étais pas très autonome, j’étais hésitant, je demandais beaucoup sur ce qu’il fallait faire, je n’avais pas assez confiance en moi.J’ai appris beaucoup de choses avec l’association, nous avons fait beaucoup d’ateliers avec les enfants. Ils apprennent à dessiner, à faire des photos. Ils rencontrent d’autres enfants pour faire connaissance. J’ai aussi rencontré plein de partenaires, la mairie, le département, les écoles. J’aime vraiment tous ces contacts.Aujourd’hui, après trois stages dans l’association, j’ai beaucoup plus confiance en moi, le travail en équipe m’a beaucoup aidé, j’ai appris beaucoup de choses. Je peux faire des propositions, prendre des décisions, je me sens plus autonome. Je sais aussi coordonner une équipe et concevoir un projet. J’ai aussi beaucoup appris à parler sur moi, de moi, pour le futur, à mettre en avant mes qualités, parler de ce que je suis, de ce que je fais. Je veux donc continuer à travailler dans ce métier, comme animateur socioculturel, car j’ai beaucoup aimé les actions avec les enfants, les habitants. L’association fait beaucoup de choses différentes et j’ai pu proposer des nouvelles choses. Je veux continuer de travailler avec eux pour continuer les projets et continuer d’apprendre. Surtout, je veux aider les personnes en difficultés, pour qu’elles puissent vivre bien et mieux. ».

Andrei Nicolae
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« Andrei est un jeune extraordinaire, aux nombreuses qualités humaines et professionnelles.
Son empathie, sa bienveillance et sa générosité sont des qualités précieuses.
Nous sommes fiers de l’accompagner dans son parcours, d’ouvrir toutes ces portes professionnelles avec lui, qui lui permettent de s’émerveiller et de grandir.
Notre défi est donc de lui proposer un contrat, pour lui, pour le public et pour l’association.
Tout le monde en sortirait grandi. »
Nathanael Vignaud
coordinateur de l’association

 

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