L’association Rencont’roms nous a obtenu l’agrément pour accueillir des jeunes volontaires en service civique. Depuis 2018, elle recrute ainsi des jeunes volontaires issus du terrain de la Flambère, campement sur lequel nous intervenons depuis la création de l’association, en 2013. Tous les jeunes que nous recrutons habitent ou ont habité sur le terrain. L’association compte ainsi, et de manière permanente, 5 jeunes volontaires

Ce ne sont pas des « promotions » : tous les volontaires n’arrivent pas en même temps, il y a donc un turn over régulier :
– d’une part, cela permet de faciliter l’accompagnement et l’entrée des volontaires dans l’association, avec un accueil personnalisé ;
– d’autre part, cela confronte chaque volontaire à différents contextes de travail, avec des « collègues » qui changent, des ambiances aussi, etc.

La parité est une question que nous travaillons, mais que nous nous imposons pas de manière systématique. Nous recrutons en fonction des contextes et opportunités.
Nous réfléchissons également à ouvrir le service civique à d’autres personnes hors terrain de la Flambère. Mais il est vrai qu’aujourd’hui, ce système fonctionne parce que nous nous connaissons très bien entre association et les différents jeunes (ce sont ces mêmes jeunes qui ont bénéficié des activités mises en place à la création de l’association).

En transition : nous constatons, avec l’expérience, que ces jeunes font le lien permanent, à l’image de réels médiateurs. Ils font le lien entre les habitants du terrain et l’association (qui existait bien avant, mais ils l’ont nettement renforcé). L’arrivée des jeunes a réellement impulsé une nouvelle dynamique, plutôt plaisante. Ils font aussi et surtout le lien entre les habitants et l’ensemble des partenaires, qu’ils soient associatifs, scolaires, institutionnels.

Ce que nous trouvons très intéressant, c’est ce lien formé-formateur.
Avant de transmettre, ils apprennent en permanence. Ils sont formés avant de former leur(s) pair(s).
Avant de proposer des ateliers aux habitants, ils sont de la partie pour préparer, réfléchir, concevoir. Ils se forment sur le fond. Puis au moment de l’atelier, ce sont eux qui rétrocèdent aux autres habitants, et sont dans la posture de l’appreneur. Ils découvrent avant de faire découvrir. Ils apprennent avant de faire apprendre.
Un exemple : pour préparer les ateliers liés à la citoyenneté, ils travaillent avec les bénévoles de l’association les valeurs de la République française, les principes, les droits, les devoirs. C’est ensuite avec leurs mots qu’ils les véhiculent aux autres.

Sur les missions :
Les jeunes participent en réalité à toutes les actions de l’association, mais notamment celles qui concernent la  mise en place des actions culturelles et artistiques et celles en lien avec la scolarisation.
Nous les formons à la gestion de projet, à comment monter, imaginer, concevoir, coordonner un projet, de l’idée à la mise en place.
Ils participent ainsi à tout ce que nous proposons : ateliers, événements, actions de sensibilisation, etc.
Ils sont présents à chaque réunion, avec les différents partenaires et interlocuteurs. C’est souvent long et répétitif pour eux, mais ils comprennent petit à petit les logiques d’un projet. Nous constatons qu’au fil de leur engagement, ils se sentent aussi légitimes pour prendre la parole, proposer, interagir dans les discussions, comme des membres à part entière de l’association.
Nous leur demandons régulièrement de proposer une action à monter eux-mêmes (cela va du match de foot à un atelier danse, à une sortie dans un musée, etc.). Autant d’occasions de réfléchir par eux-mêmes à toutes les questions d’un montage de projet.

Actuellement, les volontaires participent :
– à la mise en place des actions culturelles, artistiques et éducatives : événements (festival Balkanica, forum des langues, stages de danses, etc.), ateliers divers, etc.)
– à la campagne #EcolePourTous, en étant un relais sur place
– à toutes les actions où l’association est représentée (pour rencontrer partenaires, interlocuteurs, etc.)
– ils représentent l’association, dans des prises de paroles publiques, à la radio, devant les journalistes.
Ils deviennent au fil du temps des magnifiques ambassadeurs de l’association.
Ils rencontrent des partenaires divers : associatifs, culturels, institutionnels, politiques, etc.
Ils ne sont pas dans une posture d’exécutants, mais font partie intégrante de l’association, du projet.

Ce que nous constatons, c’est l’ouverture professionnelle et sociale que cela provoque chez nos jeunes.
Au début de leur service civique, tous ont une idée assez réduite de ce qu’ils pourraient faire d’un point de vue professionnel. C’est souvent lié au nettoyage ou à la sécurité.
Au fil du temps, des horizons s’ouvrent, des perspectives s’imaginent. Au fil des rencontres, des rendez-vous, des actions, des choses se dégagent. Ils prennent conscience que le champ des possibles reste ouvert, que les portes peuvent s’ouvrir. C’est tout le sens de notre accompagnement, c’est tout le sens de notre engagement.

En « contrepartie » :
L’association s’engage aux côtés des jeunes dans toutes leurs démarches socio-professionnelles et personnelles, pour une mise à jour de leur situation. C’est un accompagnement sur mesure, en fonction de chacun, des problèmes rencontrés et des perspectives souhaitées.
Cela va de l’ouverture des droits (CAF, sécurité sociale, etc.) à la (re)négociation des dettes et amendes, en passant par l’accompagnement lié au logement et bien sur à l’emploi. Nous faisons tout ce qui est possible pour que chaque jeune se sente bien, dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle.

Quelques exemples :
   > pour Alice : outre l’ouverture de ses droits, elle a décroché mi-avril un logement social, puis dans la foulée un CDD en CLAE dans une école de Toulouse. Elle signera un CDI dès septembre, juste après la fin de son service civique.
> pour tout le monde : un accompagnement professionnel sur mesure, pour qu’ils puissent enchainer à la suite de leur contrat avec un emploi pérenne et selon leurs envies, leurs profils. Nous travaillons, de notre côté, à développer notre réseau d’entreprises pour que ce lien service civique – emploi soit facile et systématique.

Pour la rentrée prochaine, nous souhaitons intégrer de façon systématique dans les 24h par semaine des cours de français pour les jeunes, en fonction de leur niveau, en passant par des associations existantes à Toulouse. Ces 2 ou 3h de cours seront inclues dans le cadre de leur contrat, et non en plus. 

Quels que soient les volontaires, l’engouement reste intact et le même. Chaque volontaire apporte son lot de fraicheur, d’initiatives, de sourires, etc. Nous partageons avec eux bien plus qu’une aventure professionnelle. Nous vivons avec eux leurs bonnes et mauvaises nouvelles, les coups durs, les difficultés quotidiennes, les heureux moments, etc. S’en dégage une magnifique énergie collective, au service du projet.

C‘est cette énergie collective que nous travaillons au quotidien, pour que cette cohésion interne, si nécessaire, soit renforcée et bien présente, pour continuer de faire progresser le projet. 

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