[Covid19] Récit d’une solidarité quotidienne sur le(s) terrain(s) !

La crise sanitaire est venue bousculer nos quotidiens, nos calendriers, nos projets.
Elle nous a amenés à nous réadapter, à apporter des solutions nouvelles aux urgences du moment.
Mais la crise s’est aussi être révélée un beau moment pour préparer l’avenir. Collectivement.
Beaucoup nous ont demandé des nouvelles du terrain. Tout le monde va bien.
Voici ici un condensé, un récit, de cette solidarité quotidienne qui a pris forme sur le(s) terrain(s).
Avec nos jeunes comme fers de lance : Andrei Nicolae, salarié, et nos jeunes volontaires en service civique, Alin, Rafael et Alberto. Nos héros.

D’une histoire à une autre.
Et pourtant, ce sont les mêmes acteurs, les mêmes têtes que nous retrouvons. 
Une autre page s’ouvre, presque un nouveau chapitre. 
Les personnages semblent prendre du galon. 
Ce sont les jeunes de l’association Rencont’roms nous : Andrei, notre jeune salarié, mais aussi Alin, Rafael et Alberto, nos jeunes volontaires en service civique. Tous habitent le terrain de la Flambère, là où nous intervenons depuis près de sept ans. 
Les projets culturels, artistiques et éducatifs sont en pause, chamboulés, comme tant d’autres, par le confinement. 
Nos ateliers théâtre, photo, danse attendront. Dommage, c’était si imminent, tellement bien parti. 
Mais l’urgence n’est pas là. 
Dès le début du confinement, nous nous soucions du lien entre bidonville et extérieur.
Devions-nous nous aussi nous confiner? Le dilemme ne s’est posé que quelques courts instants. 
Car dehors, la précarité ne s’est pas confinée. Sur le terrain, personne n’est là pour s’assurer que tout aille bien. Nous devions en être.
Alors que la solidarité s’est rapidement organisée à Toulouse, l’équipe de Rencont’roms nous est montée dans le premier wagon. L’association a ainsi su et du réadapter ses missions. Le culturel et l’artistique étant en pause, ce sont désormais sur des interventions alimentaires, sanitaires et scolaires que l’association allait se concentrer. Nos jeunes ont de suite accepté ces nouvelles missions, ces changements, malgré les risques que cela supposait. Ils se savaient et se sentaient solidaires et citoyens. Ils ne l’ont pas sans cesse démontré pendant cette crise, pour notre plus grande fierté. 
Tout a commencé par l’aide alimentaire, l’urgence absolue. Le terrain de la Flambère rejoint le circuit hebdomadaire. 
Ce sont ainsi près de 250 personnes qui ont rapidement bénéficié de produits alimentaires de première nécessité. 
Nous ne parlons ici que du terrain de la Flambère. Car outre ce terrain, c’est toute une organisation logistique à l’échelle de la métropole toulousaine qui s’est mise en place, en saluant ici le travail remarquable de l’ANRAS et de l’association MI2S. 
Profitant de cette présence humaine indispensable, nos jeunes ont également accompagné les bénévoles de Médecins du Monde dans leurs maraudes sanitaires sur le terrain, pour mieux sensibiliser, expliquer, accompagner. 
Parallèlement, l’association s’est rapprochée des établissements scolaires avec qui elle entretient des relations fortes pour voir comment assurer la fameuse continuité pédagogique pour les élèves du terrain. Un projet ambitieux, initialement. Car l’urgence n’était pas là. 
Mais nous l’avons tenté, en récupérant régulièrement des enveloppes nominatives pour les élèves. 
En jeu: maintenir les liens écoles-élèves. Avec un dilemme: vouloir aider, accompagner ces jeunes, bien contents d’avoir des contenus pédagogiques mais démunis face à ces enveloppes consistantes tout en étant désarmés face au contexte sanitaire. 
De là s’est rapidement développé tout un processus, cheminement, en lien constant avec nos partenaires, incluant Education nationale, enseignants, associations, députée, etc. 
Un protocole sanitaire s’est construit, faisant émerger des temps de soutien scolaire et d’aide aux devoirs, avec la précieuse aide d’étudiants bénévoles. Toutes les semaines, les jeunes du terrain sont donc accompagnés pour faire leurs devoirs. Et ce sont bien TOUS les jeunes qui y passent, même les non scolarisés. L’appétit est bien là, la demande est forte, motivante, stimulante. 
C’est ici que se posent les jalons de demain, car ce temps aussi encadré soit il se veut être la première pierre d’un soutien scolaire régulier tout au long de l’année. Aller à l’école est une chose, y rester et y réussir en sont deux autres. 
En quelques semaines, « la tête dans le cambouis », l’association a posé les bases d’un nouvel avenir, pour les jeunes du terrain, pour tous les jeunes en situation de précarité, mais aussi pour nos jeunes, Andrei, Alin, Alberto et Rafael, et pour l’association elle-même. 
En restant fidèle à ses valeurs et à ses convictions, en rappelant que les jeunes premiers concernés ont un rôle majeur à jouer, en (re)plaçant l’humain, la bienveillance, la générosité au coeur de l’action, Rencont’roms nous a su répondre au présent, tout en construisant l’avenir.
En s’inscrivant bien sûr dans cette belle énergie collective qui est née, associant une multitude d’acteurs, politiques, institutionnels, éducatifs, associatifs, etc. 
Et en étant extrêmement fière de ses jeunes, Andrei, Alin, Alberto et Rafael, « nos héros », qui n’ont pas toujours été dans une position facile, entre habitants du terrain et représentants du « système extérieur ». 
Si une nouvelle page de l’histoire de Rencont’roms nous s’est ouverte, il semblerait qu’elle en soit une des plus belles. 
En attendant les suivantes. 

 

Soutenir l’association en ces temps de crise : FAIRE UN DON SUR HELLOASSO.


« A Andrei, à Alin, à Alberto, à Rafael,

Nos quatre « héros ». Si on peut les appeler ainsi.
Eux qui acceptent d’être là, de prêter main forte, d’être sur les terrains.
Eux qui acceptent d’être solidaires, eux qui le sont toute l’année d’ailleurs.
Eux qui acceptent de prendre le risque, malgré toutes les règles de sécurité qui s’imposent.
Le risque 0 n’existe pas, surtout sur les bidonvilles.
Eux qui ne rechignent pas à le faire, qui le font parce qu’ils savent que c’est nécessaire.
Bien sûr, ils ne sont pas seuls. Il y a autour d’eux tous ces bénévoles, ces personnes qui partagent ces risques, qui sont solidaires,
De nouvelles coopérations naissent, surgissent. La solidarité s’organise, se concrétise, ici et là.
Nos quatre jeunes en sont. Et malgré leur jeune âge, ils apportent quelque chose. Ils sont là sur les terrains, pour faire le lien, traduire, expliquer, sensibiliser.
Leur présence est indispensable, elle est primordiale.
Ce sont les même qui sont en lien avec le collège et les élèves du terrain pour tenter d’initier et d’assurer la fameuse « continuité pédagogique » alors même que l’urgence n’est pas là.
Toute l’année, l’association se bat pour qu’on (re)donne la parole aux premiers concernés. Ils la saisissent.
Là encore, même en temps de crise, d’urgence humanitaire, alimentaire, sanitaire, ils montrent qu’ils sont là, en tant qu’acteurs et citoyens.
C’est une IMMENSE FIERTÉ.
Nous tenions juste à le dire, à leur dire. Alors MERCI à eux.
Merci aussi à toutes ces personnes qui s’investissent au quotidien. »


+ d’images sur Facebook, ici.

RACONTONS, RACONTONS…

#Confinement #semaine3.
Ou plutôt « non-confinement semaine 3 ».
Récit d’une « folle » semaine solidaire et citoyenne.

Fin de semaine dernière, il y a ce constat qu’il faut rajouter le terrain de la Flambère dans le circuit de la distribution alimentaire. Tout le monde va bien, mais l’urgence alimentaire se manifeste. Certaines familles n’ont plus de quoi se nourrir. La demande est lancée.
Ça se met assez vite en place. Ça se prépare pour mercredi 1er avril. La réactivité de l’ANRAS, du CEDIS – Collectif d’Entraide et D’Innovation Sociale, de MI2S Ressources solidaires est incroyable. Et bien sûr la Banque Alimentaire de Toulouse et sa Région qui suit derrière.
Mais avant ce mercredi 1er avril, il nous faut préparer cette distribution, recenser de manière précise les familles, les enfants, les besoins. Ce sont près de 250 personnes tout de même. Médecins du Monde France/Toulouse est là aussi, pour faire le tour des familles, sensibiliser aux gestions barrières, etc. Saluons aussi leur remarquable travail, bienveillance, attention.
Constatant cette coopération inter-associative, inter-acteurs, inter-citoyenne, nos jeunes, Andrei, et nos jeunes volontaires en Service Civique, qui jouent un rôle déterminant, ont souhaité prêter main forte au-delà de la Flambère. Lundi 30, c’est sur un premier terrain, route d’Espagne, que la distribution s’est faite. Mercredi 1er, à la Flambère, et jeudi 2, chemin de Gabardie.
Parallèlement, contactés par le collège Clémence Isaure, nous tentons d’organiser la #ContinuitéPédagogique en faisant la navette entre le collège et le terrain, pour donner du travail aux élèves. Mission difficile, tant l’urgence n’est pas là, mais ô surprise, la réactivité des élèves est bien là.
En fin de semaine, c’est avec l’école du château d’Ancely qu’un processus similaire se met en place.
Objectif, maintenir les liens avec l’école.
Là encore, nos jeunes sont au rendez-vous.
C’est ici un résumé, un condensé d’une semaine qui fait éclore, germer, naître des dynamiques nouvelles, qui solidifie des coopérations qu’il nous faudra poursuivre par la suite. C’est le bon côté de cette crise. La solidarité est bien concrète, elle est bien visible. Nous sommes heureux et fiers d’en être. Nous sommes fiers d’Andrei, d’Alin, Rafael et Alberto, qui prennent eux aussi leurs responsabilités pour n’oublier personne dans cette crise inédite.

#Confinement #semaine5
Ou plutôt « non-confinement semaine 5 ». 
On (re)donne des nouvelles. On raconte.

C’est la fin des vacances scolaires.
Deux semaines viennent de s’écouler, sur le(s) terrain(s), avec une présence renforcée à la Flambère aux côtés des habitants.
Les habitants du terrain vont bien. C’est ici l’essentiel. Nous restons vigilants et attentifs, sur les questions sanitaires, en lien constant avec Médecins du Monde France / Midi-Pyrénées.
L’aide alimentaire est désormais rodée, avec une distribution toutes les semaines. Les besoins sont, sur le terrain, bien identifiés, et semblent être pour le moment satisfaisants. C’est ici une bonne nouvelle. Profitons-en pour saluer de nouveau la Banque Alimentaire de Toulouse et sa Région, l’ANRAS et MI2S Ressources solidaires pour leur travail au niveau de la ville.
Au niveau scolaire, les choses vont reprendre et s’accélérer. Du répit en raison des vacances, mais dès lundi, de nouvelles enveloppes vont être distribuées, pour garder le lien entre écoles et élèves. A l’heure actuelle, ce sont 31 élèves sur 45 que nous suivons, et nous travaillons activement pour arriver à suivre tous les élèves. D’autres projets sont en cours, avec l’objectif de préparer au mieux et d’anticiper la reprise et le retour vers le chemin de l’école. C’est un travail collectif, aux côtés des institutions et des partenaires (CASNAV de l’académie de Toulouse, Académie de Toulouse, Ecole Pour Tous)
Enfin, profitant d’être régulièrement sur le terrain, c’est tout le quotidien des habitants que nous accompagnons, les aidant dans leurs démarches personnelles, les rassurant, etc.
Pour tout cela, remercions, saluons encore et encore le rôle, le travail, l’exemplarité de nos jeunes : Andrei, salarié, mais aussi Alin, Rafael et Alberto, jeunes volontaires en Service Civique. Toujours là, toujours présents, toujours motivés. MERCI MERCI MERCI, à eux. Nos quatre héros.

 

« Ma rencontre avec l’association Rencont’roms nous remonte à 2017… Déjà! 
Ce partenariat prend, à chaque nouveau projet, toujours plus de sens, de force et entre parfaitement et très simplement en résonance avec la majeure partie de mon engagement artistique: l’éducation à l’image, à la libre expression, l’ouverture à d’autres cultures, le partage de récits de vie, la lutte, par l’Art, contre l’exclusion et les inégalités.
Nous aurions dû commencer des ateliers avec les jeunes de la Flambère début Avril, mêlant photographies, récits individuels et collectifs autour de la thématique des Droits de l’enfant, mais le confinement en a décidé autrement…
Alors, pour ne pas perdre le fil et garder le lien, et puisque la réalité du confinenent venait nourrir celle sur laquelle nous avions imaginé les ateliers, je suis revenue sur le terrain avec ma casquette de photographe, pour tenter de garder une trace de ce qui s’y vivait: distributions alimentaires, soutien scolaire, fête de Pâques…
J’y ai découvert une formidable solidarité, portée par le grand courage de ceux qui permettent que la situation déjà difficile en temps “normal”  ne le soit pas plus encore….Andréï, Alberto, Alin et Rafaël, ces 4 jeunes adultes qui  offrent sans compter et malgré les difficultés de leur rôle d’intermédiares parfois inconfortable,  leur temps, leurs bras, leurs sourires, qui unissent leurs forces et leur énergie  et me donnent à voir la part belle et bienveillante de l’humanité…
Le voyage, qu’il soit réel ou imaginaire, proche ou lointain, est, avec l’être humain, au centre de mon travail photographique.
La Flambère EST un voyage, et comme tout voyage dans un Ailleurs inhabituel, il offre à qui souhaite le vivre, de traverser les rencontres et les découvertes de manière plaisante et réjouissante, mais peut parfois aussi s’installer dans cette petite brèche temporaire suscitée par l’inconfort du décalage culturel.
C’est ainsi que se construit le voyage, chacun doit faire un pas vers l’autre…et c’est aussi ce qui est déstabilisant, en temps de confinement, car c’est tout l’inverse qui nous est imposé…
Des portes m’ont pourtant été grandement ouvertes (au sens symblolique du terme  car il est prudent de plutôt se réunir à l’extérieur, pas trop loin les uns des autres mais pas trop près non plus!!), des visages se sont offerts à mon objectif, et en mêlant nos regards et nos sourires, nos mots et nos gestes, nous avons fait connaissance et observé nos différences….
Il me tarde aujourd’hui de pouvoir, une fois le déconfinement établi, (re)prendre dans mes bras ces enfants qui virevoltent gaiement, serrer les mains qui se tendent et retrouver cette proximité de gestes et de postures qui font de la rencontre un espace sans entrave à la libre circulation de nos émotions… »

Gaëlle Giordan
Photographe

23.05_lettre Mimine

La presse en parle.

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